top of page

Mensonge narcissique : quand mentir est un réflexe, et attendre la sincérité est illusoire


Table des matières :


  1. Le petit mensonge inutile

  2. Le mensonge narcissique : un réflexe, pas une stratégie

  3. Les grands mensonges : quand l’évidence ne suffit pas

  4. Pourquoi le narcissique invente toujours une histoire

  5. Mensonge destructeur

  6. Le mensonge défensif automatique : quand mentir devient une protection psychique

  7. Le narcissique se ment d’abord à lui-même

  8. Comprendre, pour ne plus se mentir


  1. Le petit mensonge inutile


Il existe des mensonges pour se protéger.

Des mensonges pour éviter une sanction.

Des mensonges pour cacher une faute.


Et puis il existe un autre type de mensonge,

beaucoup plus déroutant :

le mensonge qui ne sert à rien.


C’est celui-là qui m’a ouvert les yeux.


Un jour,

pendant qu’il prenait sa douche,

j’ai brièvement eu accès à son compte bancaire

- accès qu’il me refusait habituellement.


J’y ai vu un virement récent, clair, précis :

1000 francs suisses,

envoyés par un client.


Quelques minutes plus tard, sans rien laisser paraître, je lui ai posé une question anodine.

Je lui ai demandé si son client l'avait payé, et si oui, combien.


Et là, à ma grande surprise, il m’a répondu sans hésiter :

800 ou 900 francs.


Je me souviens très précisément de ce que j’ai ressenti à ce moment-là.

Pas de la colère.

Mais une sidération froide.


Pourquoi mentir ?

Pourquoi transformer un montant précis ?

Pourquoi 1000 devient-il soudain 800 ou 900 ?


Il n’y avait aucun enjeu.

Aucune accusation.

Aucune conséquence.

Et pourtant, il avait menti.


Ce jour-là, trois phrases très claires se sont imposées en moi :


Cet homme ne dit jamais la vérité.

Il en est incapable.

À chaque fois qu'il ouvre la bouche, il doit mentir.


Pas seulement sur les grandes choses.

Sur tout.


  1. Le mensonge narcissique : un réflexe, pas une stratégie


Chez certains profils narcissiques, le mensonge n’est pas toujours un outil conscient.

Il est réflexe.


Dire la vérité, même sur un détail insignifiant, les met dans une position inconfortable :

celle d’être observables, lisibles, exposés.


Mentir, même légèrement, leur permet de :


  • garder le contrôle du récit,

  • rester insaisissables,

  • ne jamais être complètement à découvert.


Mais cette logique ne s’arrête pas aux “petits mensonges”.


  1. Les grands mensonges : quand l’évidence ne suffit pas


On pourrait croire que face à une preuve irréfutable, le mensonge s’arrête.

C’est faux.

Oui, le narcissique trompe.

Oui, il ment sur ses tromperies.

Et non, il n’avouera jamais - même quand la preuve est sous ses yeux.


Je me souviens très clairement du jour où j’ai découvert une vidéo de lui avec une autre femme.


Quand je l’ai confronté, il est resté silencieux.

Un silence inhabituel.

Je voyais qu’il était déstabilisé.


Pour une fois, il ne rebondissait pas.

La preuve était trop évidente.


Il lui a fallu du temps.

Des heures.


Et puis, il est revenu avec une histoire.

Il m’a expliqué que cette vidéo datait de ses 17 ans.

Qu’elle avait été tournée avant notre rencontre.

Qu’elle n’avait donc rien à voir avec ce que je croyais.


La réalité n’avait plus d’importance.

Ce qui comptait, c’était de ne jamais reconnaître.


  1. Pourquoi le narcissique invente toujours une histoire


Le narcissique ne se contente pas de dire :


Ce n’est pas vrai.


Il invente.

Il fabrique un récit alternatif,

parfois absurde,

parfois très élaboré,

mais toujours destiné à une seule chose :

éviter l’effondrement de son image.


Admettre la vérité serait admettre :


  • une faute,

  • une limite,

  • une responsabilité.


Et cela lui est psychiquement insupportable.


Alors il préfère :


  • nier l’évidence,

  • réécrire l’histoire,

  • nous faire douter de ce qu'on a vu.


  1. Mensonge destructeur


Le problème n’est pas seulement le mensonge.

C’est son caractère systématique.


Quand quelqu’un ment parfois,

on apprend à se méfier.

Quand quelqu’un ment tout le temps,

sur les petites choses comme sur les grandes,

on perd ses repères.


On commence à douter :


  • de ce qu’on a vu,

  • de ce qu’on a entendu,

  • de ce qu’on a compris.


Et peu à peu,

on se demande si le problème ne vient pas de nous.


C’est là que le mensonge narcissique devient destructeur :

il ne déforme pas seulement la réalité,

il attaque la confiance intérieure de l’autre.


  1. Le mensonge défensif automatique : quand mentir devient une protection psychique


Chez certains profils narcissiques,

le mensonge n’est pas toujours conscient,

ni même stratégique.


Il existe un mécanisme bien identifié en psychologie :

le mensonge défensif automatique.


Cela signifie que la personne ne ment pas nécessairement pour obtenir quelque chose, manipuler activement ou tromper volontairement.

Elle ment par réflexe,

dès qu’elle perçoit

- parfois de manière infime -

une menace pour son image.


Une question.

Un regard.

Une possible mise en lumière.


Le psychisme réagit alors immédiatement,

sans passer par une réflexion logique.

La vérité est court-circuitée.


Ce type de mensonge s’inscrit dans ce que la psychologie appelle :

des défenses narcissiques primitives.


Il s’agit de mécanismes de protection archaïques,

mis en place très tôt,

pour éviter des ressentis vécus comme insupportables :

la honte,

la culpabilité,

la responsabilité,

le sentiment d’être “en faute”,

le sentiment d'être "de trop".


Dans ce fonctionnement :


  • dire la vérité équivaut à se sentir exposé,

  • reconnaître un fait revient à risquer un effondrement intérieur,

  • admettre une erreur menace l’image de soi.


Alors le mensonge surgit, presque malgré lui.

Ce qui est particulièrement déroutant pour l’entourage,

c’est que ce mensonge peut apparaître :


  • sans enjeu réel,

  • sans bénéfice visible,

  • parfois même de façon contre-productive.


Mais son objectif n’est pas externe.

Il est interne.


Le mensonge ne sert pas tant à tromper l’autre

qu’à se protéger soi-même

d’un vécu émotionnel intolérable.


C’est pour cette raison que,

chez la plupart des narcissiques,

le mensonge peut sembler omniprésent,

mécanique,

et de plus en plus déconnecté de toute logique rationnelle.


Avec le temps,

ce mécanisme tend à se rigidifier,

jusqu’à devenir un mode de fonctionnement quasi permanent.


Comprendre cela permet une chose essentielle :

cesser d’attendre une sincérité spontanée

là où le psychisme fonctionne avant tout en mode de survie narcissique.


  1. Le narcissique se ment d’abord à lui-même

Il est tentant de croire que le narcissique ment avant tout aux autres.

Qu’il manipule, dissimule, déforme la réalité dans le but de tromper son entourage.

Cette vision est vraie, mais incomplète.


En réalité,

le premier destinataire du mensonge narcissique

est le narcissique lui-même.


A. Une construction psychique, pas une simple malhonnêteté


Chez le narcissique,

le mensonge n’est pas toujours conscient,

ni stratégique.


Il ne s’agit pas nécessairement de calcul ou de préméditation.


Il s’agit d’une construction identitaire.


Le narcissique est structuré autour d’un clivage profond :


  • d’un côté, un moi réel fragile, insuffisamment consolidé, porteur de honte, de vide ou d’angoisse,

  • de l’autre, un faux-self grandiose, idéalisé, surinvesti.


Ce faux-self n’est pas un masque que l’on enlève à volonté.

Il est indispensable à la survie psychique.


B. Croire son propre récit pour ne pas s’effondrer


Lorsque le narcissique parle de lui-même

- de sa valeur,

de son intelligence,

de sa supériorité,

de l’admiration qu’il susciterait -

il ne cherche pas seulement à convaincre.


Il se convainc lui-même.


Ce discours n’est pas adressé en priorité aux autres.

Il est une tentative permanente de stabilisation interne.


Renoncer à cette image idéalisée

reviendrait, pour lui, à entrer en contact avec :


  • un sentiment d’insuffisance,

  • une angoisse de vide,

  • une honte archaïque.


Or ces affects sont psychiquement intolérables.


Le mensonge à soi-même

devient alors un mécanisme de survie,

non un choix moral.


C. Une conviction sincère… mais pathologique


C’est ce qui rend la situation si déroutante pour l’entourage.

Le narcissique peut paraître :


  • convaincu,

  • sincère,

  • habité par ce qu’il affirme.


Et, d’une certaine manière, il l’est.


Non pas parce que ce qu’il dit est vrai,

mais parce que son psychisme ne lui permet pas d’accéder à une vision réaliste de lui-même sans danger interne.


Il ne s’agit pas d’un simple refus de la vérité.

Il s’agit d’une incapacité psychique à la tolérer.


D. Pourquoi confronter ne fonctionne pas


C’est pour cette raison que :


  • les faits,

  • les contradictions,

  • les preuves,

  • la logique,


ne suffisent pas à faire émerger une reconnaissance authentique.


Confronter un narcissique à la réalité de ce qu’il est ou de ce qu’il fait

revient souvent à menacer l’équilibre même de sa structure psychique.


Face à cette menace,

le psychisme réagit automatiquement :


  • déni,

  • réécriture du récit,

  • rationalisation,

  • inversion des rôles.


Le mensonge persiste,

non par malveillance gratuite,

mais par nécessité défensive.


E. Une clé essentielle pour comprendre


Il est donc fondamental de comprendre ceci :


Le narcissique ne ment pas seulement pour tromper.

Il ment pour continuer d’exister psychiquement.


Tant que cette réalité n’est pas intégrée,

l’entourage reste prisonnier d’une attente vaine :

celle d’une lucidité spontanée,

d’un aveu sincère,

d’une prise de conscience authentique.


Or cette attente repose sur une erreur fondamentale.


F. Cesser d’attendre l’impossible


Attendre une sincérité stable et profonde de la part d’un narcissique

revient à attendre d’un psychisme en mode de survie

qu’il renonce à ses défenses vitales.


Ce n’est pas de la mauvaise volonté.

Ce n’est pas un manque d’amour.

Ce n’est pas un simple mensonge ordinaire.


C’est une organisation psychique.


Comprendre cela ne sert pas à excuser.

Cela sert à cesser de se mentir à soi-même.


  1. Comprendre, pour ne plus se mentir


Comprendre que certains individus mentent

même quand ils n’y gagnent rien,

et mentent encore

quand ils sont confrontés à des preuves,

est une étape essentielle pour se libérer.


Cela permet de cesser :


  • de chercher une logique,

  • de demander des explications,

  • d’attendre une sincérité qui ne viendra pas.


Et surtout, cela permet de se dire enfin :


Je ne suis pas naïve.

Je ne suis pas folle.

J’ai vu juste.

Je ne peux rien attendre de cet individu.


La véritable libération ne consiste pas à obtenir la vérité,

mais à cesser de la chercher là où elle ne pourra jamais exister.


Femme libre allant de l'avant

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page